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ENCADRÉ
En cas de problèmes
« S'il est prouvé qu’une cartouche compatible a causé un problème, la garantie du constructeur ne s'appliquera pas ! » explique, Patrick Bariol, directeur ventes consommables de Lexmark. « Si une panne survient à cause de consommables génériques, on se retrouve dans la même situation de quelqu’un qui n’a pas d’assurance, confirme Fabrice Claes, responsable marketing grands comptes chez Brother. On est alors en droit de ne pas faire jouer la garantie si l’utilisation de compatibles est prouvée, ce qui est facile à démontrer. D’un autre côté, les fournisseurs de compatibles disent assurer le matériel en cas de panne, mais c’est alors au client de prouver que les consommables sont à l’origine du problème, ce qui est loin d’être évident… Dans les faits, nous ne laissons jamais tomber un client avec ses problèmes de compatibles sur les bras. » Les consommables sont un concentré de technologie qu’il est quelque fois très difficile de dupliquer. La plupart des imprimantes détecte la présence d’un compatible mais, entre les fuites de toner et les têtes hors service, que se passe-t-il réellement quand la panne est là ? « On n’a pas le choix, le constructeur a l’obligation d’appliquer la garantie, assure Catherine Soria, chef de produit imprimante chez Kyocera Mita. En France, il est illégal de proscrire l’usage de compatibles à partir du moment où l’on a pas rendu public les brevets qui permettent de fabriquer ces compatibles. Il faut communiquer les règles du jeu avant d’interdire. Il y a actuellement de nombreux cas de jurisprudence avec de fortes amendes à l’encontre de certains constructeurs. »
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Encre, cartouches et toner
Marques contre génériques : la guerre des consommables
L’essor du marché des multifonctions a dopé les ventes de consommables et, dans le même temps, fait grimper les coûts d’utilisation et de possession. Il existe une marge de manœuvre pour réaliser des économies sur les consommables sans remettre en question qualité et sécurité.
Par Frédéric Bergonzoli

Ce n’est un secret pour personne, les consommables génériques sont moins chers que les originaux. Les écarts constatés vont souvent du simple au double… Et on a beau savoir que les paramètres des coûts d’utilisation ne se résument pas à la seule consommation de cartouches d’encre et de toners, d’interrogations légitimes en recherche de solutions d’optimisation, c’est logiquement vers les constructeurs qu’il faut se tourner pour tenter de comprendre la raison de tels décalages. Pour les fabricants de matériel, les produits ne sont pas comparables. Leur discours est récurrent et joue sur la fibre de la sécurité : tous mettent en garde les utilisateurs qui souhaiteraient adopter des consommables génériques en martelant que le recours à de tels produits pourrait avoir des conséquences désastreuses sur les performances de leurs machines et aller même jusqu’à les endommager. On peut facilement être convaincu que le remplacement d’une pièce de rechange qui n’est pas d’origine entraîne un risque potentiel, et pas seulement dans le secteur des hautes technologies. On peut être également persuadé que l’utilisation de consommables à prix discount ne va pas systématiquement saboter une flotte d’imprimantes.

Où se situe alors la limite raisonnable d’usage des consommables compatibles ? Malgré leur rôle de conseil et de partenaires des entreprises, les constructeurs  sont assez mal placés pour répondre à cette question car ils sont à la fois juges et partis : « la majorité des constructeurs réalise leur chiffre d’affaires et leur marge sur la vente de consommables et non pas sur la vente de matériel, avoue Catherine Soria, chef de produit imprimante chez Kyocera Mita. De plus, les politiques sont différentes selon que l’on vend des copieurs, des MFP ou que l’on facture du coût à la page. » Du coup, on comprend pourquoi les marques sont sur la défensive dès que l’on évoque les génériques. Mais leurs arguments ne sont pas pour autant irrecevables. « 7% de notre chiffre d’affaires est employé à la recherche et développement explique Marie-Pierre Richer, responsable consommables chez Epson. Une partie extrêmement conséquente de ce budget est consacrée à la chimie pure, développée elle-même en fonction des têtes d’impression de nos différents modèles et de nos encres à pigments. C’est dire qu’aucun produit compatible sur le marché ne peut rivaliser avec la qualité des consommables conçus par les constructeurs. »

Pour les constructeurs, la meilleure impression est assurée par le trio matériel, encre et support d’origine, les autres solutions s’envisageant aux "risques et péril" du client. Si certains fabricants brandissent la garantie comme une épée de Damoclès, d’autres, plus réalistes, s’attachent au dialogue et à la transmission des bonnes informations. Presque tous les consommables possèdent leur double générique sur le marché. Mais on hésite souvent à franchir le pas, essentiellement par méconnaissance des acteurs de cette industrie parallèle. « On est passé d’un monopole américain de  fabrication de compatibles à une concurrence venue d’Asie et des pays de l’Europe de l’Est, précise Frédérique Garçonnet, chef de groupe consommables chez Brother. Le marché s’est épuré depuis 5 ou 6 ans et ces "garagistes" qui récupéraient des cartouches pour y remettre de la poudre de toner ont disparus. Subsiste aujourd’hui les plus grosses structures qui produisent des compatibles satisfaisants pour les générations anciennes de machines. Pour le reste, on trouve tout et n’importe quoi, à prix cassé et à performances aléatoires, commercialisé par des distributeurs qui s’improvisent industriels et qui n’ont aucun scrupules à faire travailler des petites mains dans des conditions très dangereuses.»

L’hétérogénéité du parc d’impression, facteur déterminant dans la multiplication des références de consommables, accentue également la difficulté de trouver plusieurs "bons" compatibles. « Il y a des gens plus ou moins sérieux et, entre de l’eau colorée et une encre utilisable, il ne faut pas faire d’amalgame, ajoute Marie-Pierre Richer. Il peut y avoir des compatibles corrects mais il faut se poser les bonnes questions : jusqu’où les pigments utilisés vont réagir électriquement, comment se mélangent-ils aux encres dans la tête d’impression, ne va pas y avoir des amalgames au bout d’un certain temps, comment l’impression résiste-t-elle à la lumière ? Ce que l’on peux dire, c’est qu’il n’y a pas un fabriquant de génériques qui a toutes les tares et pas un qui sait tout faire. »
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